Dossiers et articles sur l'astrologie


 Des fausses critiques envers l'astrologie. (de Fleury Didier) 2001
 
L'astrologie est critiquée aujourd'hui peut-être plus que jamais. La D.C.A. scientifique dirige ses feux vers elle dans l'espoir de la réduire en cendre, mais elle en sort toujours plus présente, toujours plus forte ! On se demande pourquoi une vieille "croyance" a autant la vie dure ! Les armes les mieux aiguisées traversent le fantôme sans le toucher. Honte à l'inculture, disent les scientifiques, de la plupart des gens prêts à croire de faciles balivernes, au mieux appelées "mythologie", au pire "mensonges", plutôt que de réfléchir dignement comme un être humain de l'âge scientifique. Honte aussi aux astrologues, nous disent-ils, qui exploitent la crédulité de la masse. Les mots sont dits : "crédulité", "croyance", "mythologie", "exploitation". Allez donc faire confiance aux astrologues après cela ! Et ces derniers d'accuser les scientifiques de "terroristes de la pensée unique".

Toute rencontre entre l'astrologie et l'astronomie est le terrain d'un jeu de pouvoir. Les deux têtes de l'Hydre ne s'entendent plus, et prétendent ne plus faire partie du même corps. Et c'est vrai. Astrologie et astronomie ont un discours différent, et n'ont ni les mêmes outils ni les mêmes visées. On peut se demander alors pourquoi les astronomes, et les scientifiques en général, mais pas tous, cultivent-ils toujours, soit de l'ironie, soit une rage froide contre l'astrologie ?

On voit des astrologues anonymes se diriger vers les salles de conférences d'astrophysique, mais on ne voit aucun astronome assister au moindre cours d'astrologie. On a des choses plus sérieuses à faire. Cette attitude discriminatoire est le fait des scientifiques, et non celle des astrologues. Discrimination et rage ne font pas de bons débats. L'astronome, quand il parle d'astrologie, entre dans un terrain qu'il ne connaît pas. Aveugle en ce domaine, il pourfend ses propres fantômes, ses résidus inconscients pré-scientifiques, et ne lutte finalement que pour la suprématie de son entendement objectif et non contre l'astrologie, quoiqu'il puisse s'imaginer. D'où l'étalage d'arguments contre la science d'Uranie tous plus faux les uns que les autres. Voyons quelques-uns de ces arguments qui dénotent soit l'ignorance en matière d'astrologie, soit la partialité que l'on ne s'attend pas à trouver dans le point de vue scientifique.

Pour cela, nous nous référons à un texte de Christian Nitschelm & Raslan Leguet : "L'astrologie au crible de la science", et sur un texte de"François Biraud & Philippe Zarka appelé : "Sur l'astrologie : réflexions de deux astronomes". Les arguments des astronomes contre l'astrologie sont si prolifiques que l'on ne sait quelle fleur cueillir la première. Commençons par la définition de l'astrologie selon les articles que nous mettons en cause : Nos auteurs commencent leur article par une définition des "fausses sciences", englobant naturellement l'astrologie. Doctrines de caractère ésotérique dépourvues d'une quelconque valeur scientifique, assimilables à des croyances ou à des impostures et basées sur des affirmations indémontrables et non vérifiables issues le plus souvent du domaine de l'irrationnel. Les adeptes de ces pseudo-sciences essayent de les faire passer, souvent avec virulence, pour des sciences à part entière. (Christian Nitschelm & Raslan Leguet). On s'étonne évidemment de trouver autant de préjugés dans une définition de la part d'un scientifique. Que la partialité s'énonce avec la définition de ce que l'on veut étudier, voilà qui est inattendu de la part de ceux qui professent l'objectivité, le sérieux et l'honnêteté.

En revanche, la définition de la science donnée par nos auteurs est un véritable tapis rouge débouchant sur un parterre paradisiaque où il fait bon vivre dans une chaleur éclairée ! Voyez plutôt : Science : Ensemble de connaissances et d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet et par une méthode déterminée et fondées sur des relations objectives contrôlables, ainsi que sur des observations et des expériences répétitives vérifiables. (Christian Nitschelm & Raslan Leguet).

Il faut bien dénoncer d'abord un procédé littéraire des plus grossiers, pour ne pas dire une méthode politique (les domaines scientifiques sont fort bien nourris en subventions par rapport aux sciences humaines). Cette méthode consiste à dévaloriser ses adversaires et à mettre, avant toute argumentation intelligente, les esprits de son côté. Qui ne répugnerait pas en effet à s'intéresser à l'astrologie énoncée dans une telle définition ! Afin de ne pas lester cet exposé d'autres lourdises du même acabit, nous passerons sur d'autres détails qui relèvent des mêmes recettes faciles.

La vraie question qui se pose est celle du préjugé scientifique, sur ce qui ne relève pas de la compétence de la science à proprement parler, et qui attribue à tout ce qui ne semble pas une "démarche scientifique" les adjectifs abusifs de "faux", "séduisant", "trompeur", "irrationnel", "mystique"… Ce qui est mystique et irrationnel (par rapport à qui ou à quoi ?) doit être banni, à en croire les auteurs, de l'être humain raccourci en vision dont nos deux scientifiques aimeraient sans doute peupler la terre. Il s'agit là d'enfantillages qui n'existent qu'à cause de l'amalgame entre astrologie et voyance, ou entre astrologie et horoscope amusant à grand tirage. dont les détracteurs qui nous occupent se font les champions. La confrontation entre astrologie et anti-astrologie n'est nullement une question de bataille entre rationalité et irrationnel comme on veut le faire croire. C'est la rencontre difficile et passionnée de deux formes différentes de cohérence et de réflexion.

L'art de certains scientifiques s'occupant de juger l'astrologie consiste à faire passer cette science humaine pour un champ de bataille incohérent, empli d'affrontements et de désaccords. Il semble qu'à côté de cela, nous l'avons dit, les conceptions modernes et scientifiques du cosmos se soient faites dans un calme parfait, un paradis de la pensée où les idées s'enchaînent sans se contredire, éclairées par la raison. La réalité est que l'astrologie, comme toute autre étude, est sujette à débat entre spécialistes, tant il est vrai que rien n'évolue sans confrontation -et non affrontement- avec d'autres conceptions. Cela ne peut être accepté que si l'on comprend qu'il n'y a pas qu'un seul point de vue valable sur l'être humain. Voilà ce que nos auteurs ont bien du mal à assimiler.

Viennent ensuite diverses critiques des bases astronomiques de l'astrologie. Nous y retrouvons l'argument tant de fois donné de l'invalidité des signes zodiacaux. Et voici ce que l'on en dit : "La notion de signe zodiacal, qui n'a plus aucun sens en astronomie moderne, est encore plus mal employée par les astrologues, par simple ignorance des mouvements apparents des astres et de certains mouvements particuliers de l'axe de rotation terrestre. La trajectoire apparente du Soleil en un an autour de la Terre définit sur la sphère céleste un grand cercle appelé écliptique. L'écliptique coupe ainsi quatorze constellations, de tailles très inégales, sur la sphère céleste avec leurs limites de 1930, en l'occurrence les Poissons, la Baleine (qui est simplement longée par l'écliptique) etc…" Curieusement, les astrologues ne retiennent que douze d'entre elles pour en faire les douze signes, tous de taille égale à 30°, de l'astrologie européenne.". Pour ceux que le langage astronomique dépasse, résumons en termes simples l'argument des auteurs : Le zodiaque prétend représenter les constellations. Or, les constellations sont inégales et sont en vérité au nombre de 14. Le zodiaque astrologique contient 12 signes de grandeurs parfaitement égales. Donc, le zodiaque utilisé par les astrologues est faux. Victoire !

Vient ensuite le fameux argument de la précession des équinoxes : "À cause de l'un des mouvements de l'axe de rotation terrestre, appelé précession des équinoxes, les signes zodiacaux glissent lentement le long de l'écliptique dans le sens rétrograde par rapport aux constellations du zodiaque, bouclant une rotation en 25750 années. Ce lent mouvement fait que les signes zodiacaux ne correspondent plus depuis longtemps à leurs constellations associées. Par exemple, le Soleil ne se trouve pas devant la constellation du Bélier vers la fin mars, mais devant celle des Poissons, non loin de la limite avec celle du verseau…". Là aussi, résumons l'argument pour mieux le faire comprendre : Le zodiaque des astrologues, se décale constamment par rapport aux constellations, à raison de 1° tous les 72 ans (donc 360° tous les 25800 ans environ). Actuellement, le signe du Bélier pointe la constellation des Poissons. On appelle ce mouvement la précession des équinoxes. Le zodiaque ne coïncide plus avec les constellations. Deuxième victoire !

Nous retenons deux arguments : La division du zodiaque en 12 est accusée d'être fantaisiste par rapport au nombre des constellations et eu égard à leurs irrégularités. Puis, le mouvement de précession des équinoxes rend l'astrologie de toute façon caduque. Dans un texte intitulé "Sur l'astrologie : réflexions de deux astronomes.", François Biraud et Philippe Zarka écrivent, à l'attention des astronomes : "Rappelons l'origine de ce problème : l'écliptique est fixe dans l'espace (sur les durées qui nous intéressent ici), mais l'axe de rotation de la Terre a un mouvement de précession de période de 25800 ans environ. L'équateur -terrestre ou céleste - est entraîné dans cette précession, comme le sont ses intersections avec l'écliptique : les équinoxes. La précession des équinoxes provient donc du choix de l'origine des longitudes. Si on avait choisi, dans l'écliptique, une origine "fixe" dans l'espace (par rapport aux étoiles), les constellations seraient restées dans leur signe au cours du temps. En revanche, les influences du Soleil et de la Lune sur la Terre (saisons, marées) se seraient progressivement décalées par rapport aux signes et à leurs constellations associées. Il était tout aussi logique de mesurer les positions par rapport à l'intersection de l'écliptique et de l'équateur. La graduation de l'écliptique en 12 signes de 30° (zodiaque tropique ou saisonnier, par opposition au zodiaque des constellations) n'est donc rien d'autre qu'un repérage dans le ciel. Grâce à ce choix, malgré la précession, le beau temps, par exemple, revient (dans l'hémisphère Nord) lorsque le Soleil "entre dans le Bélier". C'est aussi à ce moment que l'on a des grandes marées. En revanche, les constellations se déplacent par rapport aux signes : on ne peut pas tout avoir !

Notons que cette utilisation purement géométrique du zodiaque évacue d'autres problèmes parfois soulevés par les opposants de l'astrologie :
- La nature tridimensionnelle des constellations dont l'aspect résulte d'une projection sur le ciel d'étoiles situées à des distances quelconques de la Terre.

- Les longueurs très inégales des intersections des constellations zodiacales avec l'écliptique.

- L'omission du 13e signe (Ophiucus, entre le Sagittaire et le Scorpion) dans la bande du zodiaque."

De la part des astronomes, voilà qui a le mérite d'être clair, et nous rendons hommage à ceux qui veulent bien enfin entendre les arguments des astrologues. Spécialistes des débats avec les astrologues, François Biraud et Philippe Zarka ont choisi d'attaquer intelligemment l'astrologie sans surdité excessive.

L'astrologie n'a jamais ignoré la précession des équinoxes, et l'on se demande bien pourquoi nos auteurs l'accusent du contraire ! Le zodiaque est un découpage mathématique de l'espace en 12 "portions", dont le sens, pour les astrologues, ne dépend pas des constellations, mais d'une cohérence interne reposant sur le rapport soli-terrestre. Le fait que le zodiaque ait conservé le nom des constellations trompe les astronomes sur sa nature. Ou plutôt se trompent-ils afin de dénaturer l'astrologie. Il faut avoir étudié l'astrologie en profondeur, en tant que symbolisation de l'espace circumterrestre, et non en tant que "fausse science astronomique" pour le savoir. Hélas, certains astronomes, constamment heurtés par la nature symbolique de l'astrologie, ne peuvent en approfondir paisiblement la signification. Certes, inversement, l'astrologue n'est pas un astronome et ne peut prétendre à la connaissance approfondie et mathématisée de l'univers que possède l'astronome. Mais aussi, l'astrologie ne s'occupe pas de quantifier l'univers mais de le qualifier pour nous-mêmes.

La précession des équinoxes crée ce que les astrologue appellent des "ères". La projection du point vernal (conjonction entre l'équateur terrestre et le plan de l'écliptique) sur les constellations décrit un cercle rétrograde en 25800 ans environ. Si cette projection du point vernal est en Poissons, on dit en astrologie que nous sommes à l'ère des Poissons. Un jour prochain, nous serons à l'ère des Verseau. Ces ères concernent l'évolution de l'humanité. Par exemple, l'apparition de l'écriture, et d'autres éléments fondateurs de grandes périodes historiques. Nos auteurs nous expliquent que l'ère des Verseau commence en 2614 de notre ère, et que les astrologues parlent déjà de l'ère du Verseau parce que cela met de l'argent dans leur escarcelle, ce qui n'est point contestable à notre sens. Et si certains astrologues veulent rapprocher cette ère de la nôtre pour avoir quelque chose à dire, il ne faut point en accuser toute la communauté astrologique. Citons l'astrologue François Villée qui écrit dans son livre "Précession des équinoxes et pratique de l'astrologie" : "L'humanité entrera dans l'ère du Verseau en l'an 2715". Il y a dans l'astrologie comme ailleurs, des excès de zèle, mais il faut savoir lire ceux qui pensent bien.

Un autre des arguments contre l'astrologie est celui de la "prétendue influence des planètes sur l'être humain". S'il y a influence, disent Christian Nitschelm & Raslan Leguet, "de quel type ? Il n'est actuellement connu que quatre types de forces fondamentales : l'interaction forte, l'interaction faible, la force électromagnétique et la force de gravitation. Dans quel type de force fondamentale est-il possible de classer ces influences astrales ?". La réponse est : aucune de ces quatre forces ne permet de classer l'influence des planètes. Levons le voile. Il n'est pas possible de classer les influences planétaires d'un point de vue scientifique et matérialiste. L'emploi du terme "influence" est une commodité de langage qui désigne une réalité, observée par les astrologues, pour désigner un fait, une observation que nous ne pouvons pas mesurer scientifiquement. Nous n'avons effectivement aucun moyen de détecter cette influence, si ce n'est bien sûr l'astrologie ! Mais le terme d'influence trompe. L'astrologie postule une identité structurelle entre l'homme et le système solaire. Ce postulat, parfois exprimé avec le terme d'influence, relève de l'observation compétente de l'astrologue, et ne peut se classer actuellement dans les registres de la science. Mais la science ne possède pas tous les registres, et le ciel n'est pas la propriété exclusive de la pensée scientifique. Demande-t-on au psychanalyste, qui étudie les forces de l'inconscient, s'il peut classer ce qu'il constate en tant que force électromagnétique ou en tant que force de gravitation ? Le demander à l'astrologue, c'est se tromper sur la nature de son étude. Lorsque l'astrologue dit "Mercure", il ne désigne pas seulement une planète, mais il nomme une faculté psychique évoluant selon un rythme -celui de la planète réelle- dont l'individu est porteur en vertu de son identité structurelle avec le système solaire (et non avec les constellations lointaines).

L'astrologie s'intéresse au système solaire en tant que référentiel parce qu'il est centré sur lui-même, parce que nous sommes partie prenante de cette structure centrée, et que, pour autant que le soleil tourne aussi autour du centre de la galaxie, tournant elle-même autour d'un centre plus lointain, nous sommes d'abord d'appartenance solaire pour l'astrologie. Cette relation que postule l'astrologie ne semble pas démontrable scientifiquement parlant. Faut-il la rejeter pour autant comme inopérante (base de la critique astronomique), ou faut-il agrandir son point de vue sur l'être humain ? Citons le philosophe Yves Christiaen pour parachever ce point de vue astrologique : L'Astrologie est un système qui prétend qu'il existe entre les choses célestes et les choses terrestres des liens que ne connaissent pas la Physique et l'Astronomie, un système qui se base sur l'analogie et qui s'exprime en symboles, de surcroît un système qui ne recherche pas tellement une explication mais plutôt une "signification".

L'astrologie redéfinit la notion de liberté humaine au travers d'une interdépendance avec le système solaire qui l'entoure. L'idée n'est choquante que pour une époque qui définit la liberté en tant qu'indépendance absolue. L'astrologie est beaucoup plus nuancée là-dessus, mais ne nie en aucun cas la notion de liberté. Bien au contraire, elle met en valeur le rôle de la conscience humaine dans les choix. Il découle de ce que nous venons de dire que "l'argument de l'accoucheur", avancé à la fois par François Biraud et Philippe Zarka d'une part, et Christian Nitschelm & Raslan Leguet d'autre part, n'est pas pertinent. Cet argument consiste à dire que l'accoucheur d'un enfant exerce plus d'attraction, donc plus "d'influence" sur le nouveau-né que n'importe quelle planète puisque l'attraction diminue au carré de la distance ! Voilà où va se perdre le raisonnement scientifique ! Quelle importance structurelle le brave accoucheur peut-il avoir sur le bébé ? Précisément, voilà bien la preuve que l'astrologie ne parle pas, et n'a jamais parlé, en dépit de l'usage commode du terme d'influence, de la force d'attraction due à la masse d'un objet. Si c'était le cas, l'astrologie n'étudierait pas des points fictifs dans le thème, comme les noeuds Nord et Sud de la lune, ou comme la "part de fortune" (notion provenant de l'astrologie arabe). À ces endroits significatifs du thème, point de planète et point d'accoucheur non plus.

Enfin, on trouvera dans le parterre critique de nos astronomes la fleur de l'ignorance en matière d'astrologie : "Depuis l'Antiquité, la vision astrologique du monde est toujours restée figée, voire engluée, dans un géocentrisme purement aristotélicien, en totale contradiction avec la vision moderne de l'Univers. Cette simple constatation enlève toute validité scientifique et toute crédibilité à un édifice basé sur une vision cosmologique antique et médiévale complètement dépassée, qui plaçait la terre au centre d'un univers fini de petite taille, ainsi que sur une soi-disant position privilégiée de l'Homme dans le Cosmos. En effet, le Soleil, pas plus que la terre, n'occupe aucunement le centre de l'univers". (Christian Nitschelm & Raslan Leguet). L'astrologie s'intéresse à l'être humain, et le place très légitimement au centre de son univers, car elle regarde comment nous voyons et comment nous percevons. C'est assez dire que l'astrologie s'intéresse à la subjectivité d'un individu, au monde tel qu'il se présente à lui. Nous voyons tous les jours le soleil et les planètes tourner autour de nous, parce que nous sommes en situation quelque part sur terre. C'est l'étude de cette situation qui est l'objet de l'astrologie et de ses extensions. Par conséquent, la vue géocentrique est celle qui convient aux astrologues, et aucun d'eux n'ignore que le soleil est en vérité au centre de notre système. Il va de soi que qualifier l'espace autour d'un être humain n'aurait aucun sens si l'on ne partait pas du point de vue subjectif de la personne humaine. L'ignorer, comme le font nos deux astronomes, c'est assez montrer que l'on pourfend une étude dont on n'a pas compris la conception première.

Rien ne sert également, comme le font Nitschelm & Leguet, d'évoquer le reniement de l'astrologie par l'Eglise et ses Pères, comme une preuve du bon sens. "Le déterminisme, même astrologique, étant contraire à la notion religieuse de libre choix pour le salut de chaque individu", écrivent-ils. Nos scientifiques sont prêts à trouver caution dans tous les tiroirs, même dans ceux qui leurs ont déjà pincé les doigts ! N'oublions pas les astronomes brûlés sur les bûchers de l'Eglise pour avoir soutenu que la terre tournait autour du soleil. L'Eglise a imposé certaines erreurs par le feu et le sang. Le refus de l'astrologie au nom de la religion ne semble pas un argument très convaincant ! D'ailleurs, l'Eglise ne chasse plus ni les astrologues, ni les astronomes, depuis longtemps. Peut-être est-ce pour cette raison que nos polémiqueurs veulent interdire l'astrologie au nom des droits de l'Homme ? Rappelons que ces droits inaliénables n'ont pas été écrits pour servir à l'inquisition scientifique moderne.

Les astrologues luttent contre les pratiques dangereuses de l'astrologie. Pour cela, ils ont créé des écoles disposant de cursus complets, et font valoir un code déontologique indispensable.

Mais enfin il reste à donner raison à nos deux astronomes sur un point qu'il veulent démontrer. L'astrologie n'est pas une "science" au sens où on l'entend aujourd'hui. C'est une "science humaine" qui cherche à rapporter les rythmes humains aux rythmes du système solaire, ou inversement car lire l'un c'est lire l'autre. Voilà le postulat essentiel de l'astrologie. Certains astrologues ont abusé de l'adjectif "scientifique" afin de se redonner un crédit qu'il perdait avec la prééminence de la raison scientifique (enjeu de pouvoir, nous l'avons dit). Ils ont eu tort, et cet adjectif tend heureusement à disparaître des ouvrages d'astrologie moderne. Il n'y a aucune raison valable pour faire de l'astrologie une science exacte. C'est une "science humaine" et elle a droit à ce titre, même hors des universités d'où Colbert l'a bannie.

L'astronome doit accepter que l'interprétation astrologique ne relève pas de sa compétence. Il croit en démontrer la fausseté avec un outil intellectuel qui n'est pas approprié. Il ne peut pas plus y parvenir qu'en traversant le désert avec un bateau ou la mer avec un chameau. À chacun ses outils de pensée, faute de quoi l'on se montre plus ignorant qu'on ne le croit.

Ecrire à l'auteur Didier Fleury